« Immortelle | Page d'accueil | La jolie fille, le salaud, la fleur bleue et les bouches cousues »

12.01.2008

Pignouf

ae98f4ab4d4b58dacdb6df1ece0ae264.jpg

T'es là.

Je sais.

T'es là. Je sens.

J’aime pas quand il fait noir.
Il fait tout noir.

Je veux Maman.
Elle sent bon Maman.

" Maman "

.J’ai pas envie de te voir. J’ai faim. Elle est où Maman ? Elle répond pas. Pourquoi elle répond pas ?

" Maman ! Maman ! "

Tant pis je sors. La porte de Maman est fermée. Elle est avec toi. Elle est tout le temps avec toi. Avant, la porte, elle était pas fermée.

J’entre.

T'es là. J’aime pas quand ça sent toi sur elle. J’ai pas beaucoup envie d’aller contre Maman. A cause de toi. De toi qu’es là. A côté de Maman. Tu sens pas bon, Pignouf.

Tant pis, je monte dans le lit.

" Maman, réveille-toi !"

Je suis tout contre Maman maintenant. Je te vois. Je vois tes yeux. Tu me regardes. Tu as des drôles d’yeux sans tes lunettes. On dirait des grosses boules. Je te vois, Pignouf. Je veux que tu partes. Sors du lit. Laisse-moi avec Maman. Pars maintenant.

d16a5a2cece5857295632177c757afec.jpg

C’est bien, t’es plus là. T'es parti. J’entends ton bruit. Tout ton bruit. Elle est toute chaude Maman, elle sent toi Pignouf mais elle est toute chaude.

Et t’es plus là. Ca va.

J’ai faim. Je veux mon bib. Je veux mon bib tout de suite.

" Maman, réveille-toi "
"
Laisse moi, chéri. J’ai sommeil. Il est trop tôt. "

Elle dort, Maman. J’ai trop faim. Je veux mon bib. Je vais à la cuisine. Tu tiens mon bib dans ta main.

" Tu fais quoi ? "
" Je prépare ton biberon."

Je veux pas. Je veux pas tes mains sur mon bib. C’est le bib de maman et de moi. Toi, tu pues, Pignouf.

Tu as posé mon bib sur la table. Je veux mon bib. Et je veux pas toi. Je vais le dire à Maman.
Maman dort. T’es où Pignouf ? T’es encore là. Et mon bib. Il est où ? J’ai faim. J’ai mal au ventre.

" C’est toi qu'as fait mon bib ? "
" Tu peux le prendre. "

Je veux pas. Je veux pas toi Pignouf. J’en ai marre Pignouf.

" Non ! C'est Maman qui fait mon bib. C'est pas toi ! "

 

J’ai envie de pleurer. Je pleure. Tant pis, je prends mon bib. Et je vais le boire avec Maman.

 

Tu pues du cul, Pignouf.
T’es pas mon Papa.

0cff78f2c286f95e2d8dd19ee0af9591.jpg

Commentaires

Vous m'intriguez.. encore une autre frustration d'enfants...s'agit-il d'un petit homme (un garçon)?

serais-ce vous le petit garçon?

!

Ps: "Tu pues du cul, Pignouf"...pour un petit homme qui prends encore son bib le matin, heuu c'est un peu dérangeant...même pour montrer sa colère..

Ecrit par : Athena | 14.01.2008

Toute notre vie durant, ne tentons-nous pas avec plus ou moins de bonheur de surmonter nos frustrations d'enfants ?

Les propos entre guillements transcrivent plus ou moins ce qui a été dit, les autres phrases correspondent à des propos intériorisés... le petit homme n'a donc pas mérité de torgnole... et ce petit homme, non, ce n'est pas moi.

Ecrit par : qqundautre | 14.01.2008

J'ai bien saisi, j'ai fais la différence entre les propos de l'enfant et celui du narrateur...c'est pourquoi j'ai pensé à vous ( c'est l'expression profond des sentiments que seul le petit homme peut rapporter..)..

Personnellement je suis friand de ce genre de dialogue...le soucis c'est qu'il est sont souvent difficile à commenter, quelques fois on se tait et on partage l'ensemble des sentiments de chaque personnage...celui de l'enfant certes, mais aussi celui de cet adulte qui pour avoir aimer la mère se sent rejeté par l'enfant...à lui je dirais de n'être point frustré car même s'il avait été le père il existe une forme d'attachement entre la mère et son fils qui bien souvent exclu le père.. le père est jalousé par le petit homme (heu...oui tout le monde le sais...je sais bien. mais bon)...

Par contre je ne saisi pas le sens de "torgnole"...une séparation des parents n'est pas synonyme de souffrance pour l'enfant, il n'en saisi certainement pas bien le sens, mais il n'en souffre pas forcément...je pense que sa seule souffrance vient du fait qu'il ne peut plus disposer de sa mère comme il l'entend.. d'ailleurs une relation trop fusionnelle peut être également destructrice... Pourquoi donc torgnole?

!

PS: Où trouver votre "à propos"...(Votre présentation...)

Ecrit par : Athena | 14.01.2008

"Tu pues du cul, Pignouf". J'adore...

Ecrit par : Cali Rise | 14.01.2008

Athena :

Quelques précisions : l'enfant est bien le narrateur dans la note bien qu'il n'en soit pas l'auteur. Cet enfant là, qui n'est pas le mien, utilise régulièrement le mot "Puer" et le mot "Pignouf". Je ne l'ai pas entendu dire "Tu pues du cul" mais je suppose qu'il pourrait le dire, les miens en tout cas ont aimé dire ce "Tu pues du cul" transgénérationnel. Je suppose donc que ce "Tu pues du cul, Pignouf" est plausible et que ce sont des mots qui pourraient traverser son esprit.

Une torgnole parce que la phrase "Tu pues du cul, Pignouf" (dont j'ai pensé à faire le titre de la note) est violente et irrespectueuse et que personnellement, je ne laisserais pas un de mes enfants dire une telle phrase à un adulte sans sévir abruptement quand bien même celle-ci est l'expression du malaise et de la souffrance de l'enfant quand bien même cet enfant n'a pas conscience de la violence des mots qu'il utilise. Je ne suis pas pour autant un adepte de l'éducation à la schlag....

Je connais même des cas, où la séparation des parents est une délivrance pour l'enfant... cela dépend des cas.

Ecrit par : qqundautre | 15.01.2008

Moi, le mien ne dit pas encore " tu pues du cul "
Par contre, il m'appelle " Maman-gros-cul "

Je lui fais quoi ?
Je sévis abruptement ou bien, je me rend à l'évidence : mon fils a l'œil.... ?

Ecrit par : La Sorcière | 21.01.2008

@ La sorcière:

Il a sans doute l'oeil...et dans sa dimension cela paraît bien gros.. sourire..;-)

lorsqu'ils sont encore jeune, ses petites phrases nous semblent drôle...le hic c'est que pour lui c'est une forme de "normalité"...et si l'interdit ne vient pas, alors il s'autorisera à le dire à l'amie de maman, à tata puis un jour à une étrangère (la maîtresse..)...et là pour le coup c'est moins drôle!

Pour ma part je préfère lui priver de ses mots...en lui expliquant tout simplement que c'est dans la lignée des gros mot! (d'ailleurs maman ne le repète pas en sa présence!)

Ecrit par : Athena | 22.01.2008

Sorcière : à votre place, je lui répondrais un truc du genre "kiss my ass, son of a witch !'"

Athena : me font pas trop rire, cela dit, moi les jolies petites phrases de nos anges noirs.

Ecrit par : qqundautre | 22.01.2008

>>> Athena
Non mais non seulement il s'autorise à le dire à sa maman, mais à la maîtresse aussi !!
( Ben oui... Je suis également une maîtresse. )
Et puis d'abord, c'est vrai que l'amie de maman a un gros cul !

Non mais sans rire... figure-toi que quand même, je ne le laisse pas passer quand il s'amuse à sortir ce genre de truc.

>>> Qqundautre
Effectivement, ça serait une bonne entrée en matière pour l'étude de l'Anglais.
Faire en sorte de faire d'une pierre 2 coups quoi ! My ass is rich, as my tailor, sweety boy.
Mais je me contente de lui faire un doigt et de le traîter de "p'tit con".
La méthode franchouillarde est bien suffisante à cet âge.

Ecrit par : La Sorcière | 22.01.2008

"My ass is rich, as my tailor IS " me semble-t-il.
( Hé chui qu'instit et pas vraiment prof d'anglais... Même si l'éduc nat m'a donné une habilitation de cadeau-lessive. )

Ecrit par : La Sorcière | 22.01.2008

Sorcière : avez-vous noté que pendant que nous devisons sur les enfants, vous venez nous causer de votre cul dans plusieurs langues ? Je vous dis cela très gentiment, cela ne me gêne pas le moins du monde.

Ecrit par : qqundautre | 24.01.2008

euh... dip!

mékéssiouzavétous avec les pères en ce moment ?

Ecrit par : tiniak le niak | 17.03.2008

tsi hi :
" et ce petit homme, non, ce n'est pas moi."
et Madame Bovary, c'est qui ?

Ecrit par : tiniak le niak | 17.03.2008

Madame Bovary c'est une sorte de grand gaillard avec une grande moustache... si je me souviens bien. Quant aux pères, hé bien les pères ont une tendance appuyée à me péter les couilles. Et pas seulement en ce moment.

Ecrit par : qqundautre | 18.03.2008

Ecrire un commentaire