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24.01.2008

La jolie fille, le salaud, la fleur bleue et les bouches cousues

Le mec : « Tu as carrément déconné, l’autre soir, l’ami. »
L’ami :    « Ha ???? »

L’ami est un type iconoclaste et pas vraiment sage. Une sorte de bonhomme ni ange ni démon mais un peu des deux. L’ami-le-jour vit une gentille vie banlieusarde avec une maison et un jardin et une auto. L’ami-la-nuit est un libertin : il baise à couilles rabattues. Pendant ce temps-là, la femme de l’ami, qui ne connait qu'une face de la vie de son compagnon, continue la nuit le grand œuvre entrepris le jour. L’ami est l’ami du mec depuis toujours, jour et nuit. Le mec quant à lui ne comprend pas son ami. Le mec pense que son ami est un salaud. Le mec a l’air emmerdé de compter parmi ses amis un salaud. Le mec le dit régulièrement à son ami mais en l’occurrence ce n’est pas le sujet qui occupe l’esprit du mec au moment où il converse avec l’ami. Il faut dire que l’esprit du mec est carrément envahi par la jolie fille. A moins que ce ne soit son corps. Ou par son corps. Bref, le mec a rangé sa queue dans sa bandoulière. La bandoulière de la jolie fille.

Le mec : « Avais-tu besoin de parler d’Albertine devant la jolie fille ? »
L’ami    : « Hein ? »
Le mec : « Avais-tu besoin de lui dire que je m’éclatais au pieu avec Albertine ? »
L’ami   :  « Tu ne t’éclatais pas au pieu avec Albertine ? »
Le mec : « La question n’est pas là. »
L’ami    : « Alors je ne comprends pas. »

Le mec : « Ferme les yeux mon ami. Et imagine. La jolie fille me présente sa meilleure amie et sa meilleure amie me dit que la jolie fille adorait, quelques années auparavant, se faire défoncer le cul par la queue d’Albert, queue qu’il avait immensément grosse par ailleurs. Et large. Et drue.»
L’ami    : « Oui hé bien ? si c’est la vérité pourquoi ne pas le dire ? »
Le mec : « Je crois bien que je serais mort. »
L’ami    : « Toi tu es fleur-bleue. Et ce n’est sûrement pas le cas de la jolie fille. »

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Le mec ne répond pas. Il se demande comment son ami a pu dire de telles choses devant la jolie fille. D'autant que quelques minutes auparavant, l'ami avait déjà évoqué l'ex-femme du mec et de quelle façon le mec s'était occupé de son ex-femme quand tout baignait encore et que déjà ça n'avait rien à foutre là. En fait, le mec se demande "c'est quoi un ami ?".

L’ami    : « Bon ! tu viens samedi?»
Le mec : « Oui. »
L’ami    : « Avec la jolie fille ? »
Le mec : « Ben oui. »
L’ami    : « Formidable ! Ma femme est très curieuse de la rencontrer. »
Le mec : « Ha. »
L'ami    : « Surtout tu la briefes bien hein ? Motus et bouche cousue. »

12.01.2008

Pignouf

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T'es là.

Je sais.

T'es là. Je sens.

J’aime pas quand il fait noir.
Il fait tout noir.

Je veux Maman.
Elle sent bon Maman.

" Maman "

.J’ai pas envie de te voir. J’ai faim. Elle est où Maman ? Elle répond pas. Pourquoi elle répond pas ?

" Maman ! Maman ! "

Tant pis je sors. La porte de Maman est fermée. Elle est avec toi. Elle est tout le temps avec toi. Avant, la porte, elle était pas fermée.

J’entre.

T'es là. J’aime pas quand ça sent toi sur elle. J’ai pas beaucoup envie d’aller contre Maman. A cause de toi. De toi qu’es là. A côté de Maman. Tu sens pas bon, Pignouf.

Tant pis, je monte dans le lit.

" Maman, réveille-toi !"

Je suis tout contre Maman maintenant. Je te vois. Je vois tes yeux. Tu me regardes. Tu as des drôles d’yeux sans tes lunettes. On dirait des grosses boules. Je te vois, Pignouf. Je veux que tu partes. Sors du lit. Laisse-moi avec Maman. Pars maintenant.

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C’est bien, t’es plus là. T'es parti. J’entends ton bruit. Tout ton bruit. Elle est toute chaude Maman, elle sent toi Pignouf mais elle est toute chaude.

Et t’es plus là. Ca va.

J’ai faim. Je veux mon bib. Je veux mon bib tout de suite.

" Maman, réveille-toi "
"
Laisse moi, chéri. J’ai sommeil. Il est trop tôt. "

Elle dort, Maman. J’ai trop faim. Je veux mon bib. Je vais à la cuisine. Tu tiens mon bib dans ta main.

" Tu fais quoi ? "
" Je prépare ton biberon."

Je veux pas. Je veux pas tes mains sur mon bib. C’est le bib de maman et de moi. Toi, tu pues, Pignouf.

Tu as posé mon bib sur la table. Je veux mon bib. Et je veux pas toi. Je vais le dire à Maman.
Maman dort. T’es où Pignouf ? T’es encore là. Et mon bib. Il est où ? J’ai faim. J’ai mal au ventre.

" C’est toi qu'as fait mon bib ? "
" Tu peux le prendre. "

Je veux pas. Je veux pas toi Pignouf. J’en ai marre Pignouf.

" Non ! C'est Maman qui fait mon bib. C'est pas toi ! "

 

J’ai envie de pleurer. Je pleure. Tant pis, je prends mon bib. Et je vais le boire avec Maman.

 

Tu pues du cul, Pignouf.
T’es pas mon Papa.

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